Access online book -La Faute de l'abbé Mouret- [PDF] Collection
Livre gratuit -La Faute de l'abbé Mouret [PDF] Collection
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Détails sur le produit
- Rang parmi les ventes : #1795147 dans Livres
- Publié le: 1991-11-27
- Sorti le: 1991-11-27
- Langue d'origine:
Français - Nombre d'articles: 1
- Dimensions: .83" h x
4.25" l x
7.01" L,
- Reliure: Poche
- 503 pages
Description du produit
3
Commentaires clients
Commentaires clients les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile.Zola revisite la faute originelle
Par VLV
J'ai relu avec nostalgie ce livre offert par ma mère quand j’avais 20 ans. Avec nostalgie et aussi avec une indulgence bienveillante, car ce qui marchait jusqu'à présent dans la série des Rougon-Macquart ne fonctionne pas très bien ici.Le récit se résume simplement : un prêtre dévoué à son sacerdoce tombe amoureux d'une jeune femme.Les défauts ? Le symbolisme est omniprésent et manque de finesse : l'adoration de l'abbé pour la Vierge Marie, présentée sous forme d'un (très) long délire extatique, est une déclaration d'amour charnel, préfigurant la suite. Le "Paradou", domaine livré depuis un siècle à la nature, est à la fois l'éden désigné pour l'acte sexuel (la fameuse "faute") et le serpent tentateur. Que dire aussi de la fraîcheur innocente de cet amour naissant comparé à la bestialité reproductive des habitants du village, tous issus d'une même famille ?La description des plantes du domaine relève quant à elle du catalogue Jardiland. Elle n'a pas la force du reportage grouillant de vie mené dans les allées des halles, que décrit le "Ventre de Paris", pourtant lui aussi basé sur une énumération quasi encyclopédique.Mais le livre n'est pas exempt de qualités non plus. Zola n'a pas son pareil pour évoquer la sensualité. Son récit est bien construit, épuré : peu de personnages, deux lieux (l’église et le Paradou), trois parties (la prière, la faute, la pénitence), un temps volontairement flou et distendu dans la 2ème partie, au sein du paradis terrestre.Pour conclure, sur le fond, Zola poursuit son attaque en règle contre le catholicisme, initié dans "La conquête de Plassans". L'abbé Faujas, par son ambition politique féroce, y ruinait la vie paisible d'une famille sans histoire. Après le temporel, le spirituel : l'abbé Mouret, qui incarne la prière et l'ascétisme au début de roman, se trouve confronté au plaisir charnel et y succombe. C'est une image de mort que véhicule la religion chez Zola, à l'image du furieux frère Archangias.Une parenthèse dans la cycle des Rougon, marquée par l’absence de descendance.
5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile.Un Zola très particulier.
Par Gerard Müller
La Faute de l’Abbé Mouret/Emile Zola (1840-1902)Encore un grand classique que je relis 55 ans après.Ce roman à résonnances religieuses voire mystiques est le cinquième volume de la saga des Rougon-Macquart qui en comporte vingt et qui relate l’histoire d’une famille sous le Second Empire.Écrit au cours de l’été 1874, il traduit une sorte de transe hallucinatoire, romantique en même temps que surréaliste, anticonformiste, et anti-bourgeoise. Comme le disait Armand Lanoux, c’est un livre grisant, enivrant et excitant. Mais avec des défauts. Nous y viendrons.Comme Flaubert, Zola avait la passion du document : avant d’écrire, il menait ses enquêtes sociologique et botanique de manière très fine. Jusqu’à l’excès : et c’est là que le bas blesse, notamment dans la seconde partie qui se confond avec un délire de dictionnaire végétal. Pour autant le style n’est pas bridé, bien au contraire. Le pouvoir évocateur des mots dont use Zola est étonnant.Dans la première partie, on découvre le monde de l’abbé Mouret et sa fonction de prêtre affecté à la cure des Artaud, vallée où ne poussent que des vignes tordues. Je trouve que les personnages de la Teuse sa servante, de Frère Archangias et de Désirée sa sœur légèrement débile, sont un peu caricaturaux.L’abbé Mouret parcourt la campagne :« Parfois, en recevant à la face un souffle plus chaud, l’abbé levait les yeux de son livre, cherchant d’où lui venait cette caresse ; mais son regard restait vague, perdu, sans le voir sur l’horizon enflammé, sur les lignes tordues de cette campagne de passion, séchée, pâmée au soleil, dans un vautrement de femme ardente et stérile. »L’abbé Mouret est dévot de la Vierge et s’abîme dans sa soumission :« Heure de volupté divine. Les livres de dévotion à la Vierge brûlaient entre ses mains. Ils lui parlaient une langue d’amour qui fumait comme un encens…Il habitait le bel intérieur de Marie, s’y appuyant, s’y cachant, s’y perdant sans réserve, buvant le lait d’amour infini qui tombait goutte à goutte de ce sein virginal. »Son mysticisme profond confine à l’idolâtrie. Déjà adolescent il vouait un culte passionné à la Vierge, lequel pour certains de son entourage flairait des odeurs d’hérésie. Mysticisme qui conduit au délire et la maladie.La seconde partie du roman exhale une extrême sensualité. La convalescence de Serge sur le conseil du Docteur Pascal son oncle et la rencontre avec Albine sa garde-malade dans le cadre enivrant du parc végétal du Paradou est un morceau de bravoure : des descriptions infinies, beaucoup trop longues, de la flore et de la faune alternent avec la montée oppressante et irrésistible du désir entre les deux jeunes gens jusqu’au paroxysme.« Sous ces ombrages lourds, la chaleur avait un sommeil voluptueux. L’air dormait, sans un souffle, dans une moiteur d’alcôve. Un parfum d’amour oriental, le parfum des lèvres peintes de la Sunamite, s’exhalait des bois odorants. »Les escapades des deux jeunes gens dans ce jardin d’Eden absolument merveilleux à la recherche de l’arbre de vie illustrent une symbolique puissante associée à un sentiment de la nature plus réaliste et naturaliste que romantique.« Jamais ce mot : »Je t’aime » n’avait eu pour eux un sens si souverain. Il signifiait tout, il expliquait tout. Pendant un temps qu’ils ne purent mesurer, ils restèrent là, dans un repos délicieux, s’étreignant encore. Ils éprouvaient une perfection absolue de leur être. La joie de la création les baignait, les égalait aux puissances mères du monde, faisait d’eux les forces mêmes de la terre. Et il y avait encore, dans leur bonheur, la certitude d’une loi accomplie, la sérénité du but logiquement trouvé, pas à pas. »Disons le tout net, et je suis du même avis que la plupart des commentateurs, autant la première partie se tenait, autant la seconde est d’une longueur dommageable et d’une mièvrerie déconcertante. Mais qu’est-il arrivé à notre génial Zola pour se lancer dans un tel délire végétal et humain ? Comme l’ont dit certains internautes, c’est du Paul et Virginie revisité à l’excès.Dans la troisième partie, alors que Julien semble retrouver peu à peu une certaine sérénité et s’est pris à nouveau d’une dévotion extraordinaire pour la Croix devant laquelle il passe de longues heures d’adoration qui lui donne la force de souffrir et de lutter pour finir par glisser à l’extase, survient Albine. Le face à face entre Julien et Albine est d’une grande intensité dramatique, sans doute un des meilleurs moment du récit.Alors qu’Albine l’interpelle devant l’autel, Julien ne veut pas répondre :« Le prêtre semblait ne plus entendre. Il s’était remis en prières, demandant au ciel le courage des saints. Avant d’engager la lutte suprême, il s’armait des épées flamboyantes de la foi. Il lui avait fallu un héroïsme de martyr pour laisser ses genoux collés à la dalle pendant que chaque mot d’Albine l’appelait : son cœur allait vers elle, tout son sang se soulevait, le jetait dans ses bras, avec l’irrésistible désir de baiser ses cheveux.. »Et plus loin :« Il ne semblait plus avoir de chair, toute sa virilité se séchait sous cette robe de femme qui le laissait sans sexe…Il la regardait, il s’affermissait contre la tentation, en ne la quittant pas des yeux…Elle n’était plus la gamine aux bouquets sauvages, jetant au vent ses rires de bohémiennes, ni l’amoureuse vêtue de jupes blanches, pliant sa taille mince, ralentissant sa marche attendrie derrière les haies…Ses hanches roulaient librement, elle était femme…Et le prêtre, tout enveloppé de son odeur passionnée de femme faite, prenait une joie amère à braver la caresse de sa bouche rouge, le rire de ses yeux, l’appel de sa gorge, l’ivresse qui coulait d’elle au moindre mouvement. »Au silence de Julien, Albine oppose une agressivité de femme délaissée :« N’entends-tu pas que je t’appelle lâche ? Oui, tu es lâche ; tu ne devais pas m’aimer, puisque tu ne peux être homme. Est-ce ta robe noire qui te gêne ? Arrache-la. Quand tu seras nu, tu te souviendras peut-être…« Alors, c’est fini, tu me chasses ? Je suis ta femme, pourtant.C’est toi qui m’as faite. Dieu, après avoir permis cela, ne peut nous punir à ce point…Écoute, tous les jours, quand le soleil se couche, je vais au bout du jardin, à l’endroit où la muraille est écroulée…Je t’attends. »Du grand Zola.Seul dans son église, Julien, qui a délaissé Marie pour Jésus, confie au Seigneur qu’il aime toujours Albine et qu’il s’étonne d’avoir pu la maltraiter et la chasser. Le combat intérieur ne fait que commencer avec les armes de la foi face à la tentation d’un pécher qui revêt mille formes pour le torturer. La nudité d’Albine, éclatante come un soleil, l’obsède. Il se dit alors que « les grands saints ont tous laissé des lambeaux de leur corps aux épines de la voie douloureuse. » La prière en guise de vulnéraire.En bref, un roman assez inégal dans sa qualité, avec notamment une seconde partie étonnante, suivie par un final en apothéose, grandiose.
12 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile.Zola lyrique?
Par Daniel Fattore
Ce roman constitue une surprise magnifique, par le lyrisme de sa deuxième partie en particulier. Une sorte de peinture d'un jardin d'Eden où se promènent deux amoureux, dont l'un est prêtre. Mais, si vaste que soit le jardin, au fond, il y a un mur. Belle métaphore de l'impossibilité de l'amour parfait! Un roman atypique et génialement recommandable d'Emile Zola.
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